« La mer qu'on voit danser/Le long des golfes clairs/A des reflets d'argent » chantait Charles Trenet, sensible à la beauté scintillante de l'onde écumante. La propension des vagues à susciter rêverie et évasion est une expérience poétique partagée par tous. C'est ce même émoi qu'ont dû ressentir les 15 enfants venus de l'hôpital Necker, de l'institut Curie et de l'hôpital Robert Debré, pour participer au Tour de Belle-Île, les 7 et 8 mai derniers.

La Fondation Groupama pour la santé, comme l’année dernière, s’est impliquée dans l'opération « Appel d'Air » pour offrir à ces enfants hospitalisés la possibilité de naviguer aux côtés de professionnels à bord d’imposants bateaux. Les enfants ont ainsi eu le plaisir de découvrir ces géants des mers avant de prendre le départ d’une course animée aux côtés des équipages. Pour ces jeunes patients qui vivent la plupart du temps confinés dans leurs chambres et dans les couloirs de l'hôpital, toute excursion maritime est une promesse d’évasion. Avec plus de 480 participants cette année, le Tour de Belle-Île a été le théâtre de moments inoubliables. Parmi ceux-ci, la rencontre avec le navigateur Franck Cammas a été un moment privilégié qui les a portés au faîte de l’enthousiasme. Franck les a guidés dans l’antre du skipper Groupama 70, bateau avec lequel il s’entraîne pour entreprendre un tour du monde qui durera 8 mois à partir d’octobre prochain. Le navigateur a fourni toutes les explications nécessaires pour satisfaire l’insatiable curiosité de ces jeunes esprits. « J’ai répondu avec plaisir aux questions des enfants. Tous avaient le sourire quand ils sont montés à bord de Groupama 70, note-t-il enchanté. C'est un rêve pour eux, car ils suivent le bateau et ont rarement l'occasion de le toucher. J'espère qu'ils vont ramener toutes ces images chez eux et que lors de la prochaine course de Groupama sailing team, ils vivront l'aventure avec nous. Grâce au programme Appel d'Air et à la Fondation Groupama pour la santé, on peut faire s’épanouir les rêves de ces enfants. »
Au cours de cette joyeuse inspection, les détails techniques n’ont pas été omis et l’organisation de la vie à bord a été minutieusement abordée. Chez les enfants, la curiosité a ainsi souvent fait place à l’étonnement. « Je trouve la cuisine du bateau très petite pour préparer les repas pour onze navigateurs à bord. », constate médusée la jeune Stella. « Tout est compartimenté à l'intérieur. L’aménagement me fait penser à un village de Lego. », remarque interloquée Diacomba avant d’ajouter : « Il fait si noir à l’intérieur que je me demande comment les marins peuvent s’y retrouver : peut-être disposent-ils de lampes frontales ? En tout cas, je les imaginais bien mieux équipés pour entreprendre un si long voyage. »
Dans les coulisses de la Fondation
Le Tour de Belle-Île des enfants malades
Embarquez à bord d’un monocoque et partagez les impressions des jeunes matelots !
Après cette visite, les intrépides matelots se sont embarqués à bord d’un monocoque pour braver la colère de Neptune et la fureur des éléments. Pour leur première sortie en mer, les jeunes moussaillons ont dû s'accommoder d'une météo peu clémente. Les 22 noeuds de vent et la pluie ont rendu la navigation agitée. Plus d’une fois, l’onde azurée s’est ridée sous l’effet des vents marins. Les flots et les rafales semblaient associer leurs forces pour remporter la course. L’Atlantique, avec toute la vigueur de ses chevaux marins et la puissance de ses souffles océaniens, rivalisait avec les vaillants équipages. L’habileté et la ténacité de ces derniers ont finalement été récompensées.
A bord, les mousses ont été ravis. « On a gagné, on a gagné ! » s’est exclamé Nino, âgé de 11 ans, une fois parvenu à bon port. Les jeunes moussaillons sont revenus sains et saufs sur la terre ferme, les mains rougies par le sel et le visage avivé par les embruns. Satisfaits de leur odyssée, les aventuriers ont reçu, le 8 mai, une médaille amplement méritée, saluée d’une vague d’applaudissements par les navigateurs présents. Avec près de 2 500 euros récoltés et reversés à trois associations pour les enfants malades, l’opération est un succès incontestable. Quel souvenir les enfants conserveront-ils de leur excursion ? Indéniablement, l’écume et les embruns imprégneront durablement leur mémoire. Reviendront-ils, l’année prochaine, voguer sur le vaste empire des mers ? Nul doute que le dieu des océans leur réservera, de nouveau, un accueil des plus propices à l’évasion.